Aidants, et si vous preniez aussi soin de vous ?  

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Les aidants consacrent une grande partie de leur temps à accompagner un proche malade. © Getty Images

« Aidants » : ce terme désigne celles et ceux qui accompagnent au quotidien un proche concerné par une maladie grave. Ils mettent souvent leur propre vie entre parenthèses. Quelles solutions pour trouver du réconfort et se soulager ?

Pères, mères, maris, femmes, filles, fils… quel que soit leur lien familial avec le patient, ils consacrent une grande partie de leur temps et de leur énergie à accompagner un proche. Il n’est pas rare qu’ils soient contraints de renoncer à leur vie professionnelle ou d’opter pour un mi-temps. Leur rôle est crucial, non seulement parce qu’ils apportent du réconfort à la personne malade, mais aussi parce qu’ils l’aident au quotidien (en l’accompagnant aux rendez-vous médicaux, en l’assistant pour les gestes de tous les jours notamment). Pas facile néanmoins de donner le meilleur de soi-même quand on est bouleversé par la fragilité d’un proche et un peu dépassé par la situation.

Plus le temps de souffler

Sylvie peut en témoigner. Elle a accompagné sa sœur atteinte d’un cancer du sein. « Elle est célibataire et n’a ni compagnon, ni enfants pour la soutenir. Nos parents ne sont plus de ce monde. J’étais la seule en mesure de l’épauler », raconte-t-elle. Pendant des mois, elle a hébergé Valérie, lui a préparé à manger, l’a conduite à l’hôpital pour ses chimiothérapies… « Ce n’était vraiment pas évident, car entre mes enfants et mon travail, j’étais déjà débordée. Pendant un semestre, j’ai vécu sans pouvoir respirer. C’était très oppressant pour moi, mais aussi, dans une moindre mesure, pour le reste de la famille », précise-t-elle. Pendant cette période, elle s’est complètement oubliée, finissant tard le soir les dossiers sur lesquels elle n’avait pu avancer dans la journée et renonçant à tout loisir.

Des dispositifs d’aide et de soutien

Un jour, une amie lui suggère de demander de l’aide. Sylvie découvre qu’il existe des associations pour se sentir moins seule. « J’ai ainsi su qu’il existait des groupes de parole. Dans mon cas précis, j’avoue que j’avais peu de temps pour rencontrer d’autres aidants, mais j’aurais aimé pouvoir échanger avec eux », explique-t-elle. Elle apprend aussi que les aidants peuvent bénéficier de différents dispositifs d’aides par le biais du CCAS (centre communal d’action sociale), de la région, des départements, des mutuelles, des assurances, des caisses de retraite… En profitant d’un soutien financier, elle a pu se faire aider. Pour ceux qui le souhaitent, ce soutien peut aussi prendre la forme de cours de tai-chi, de yoga du rire ou autres activités permettant de décompresser.

Prendre du répit

En ce qui concerne Sylvie, c’est le jour où elle a pris conscience que sa propre santé était en jeu qu’elle a réagi : « En réunion, j’ai eu comme un malaise. J’ai cru que j’allais m’évanouir. Cela a été un déclic ». Suite à cette expérience, elle a provisoirement aménagé son temps de travail. D’ailleurs, légalement, les aidants bénéficient d’un « droit au répit ». Certains, notamment ceux qui accompagnent des proches atteints de la maladie d’Alzheimer, ont recours à ce qu’on appelle le « baluchonnage ». Cette approche, originaire du Québec, consiste à faire venir chez soi des professionnels qui prennent soin du patient pour permettre à l’aidant de faire un voyage ou de s’occuper de sa propre vie, durant trois à quinze jours. Un temps de répit salutaire, d’autant que quand on prend soin de soi, on est généralement en mesure de donner ensuite plus sereinement.

 

TAGS: Cancer, Psychologie positive

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