Comment prévenir l’incontinence urinaire ?

L'incontinence urinaire d'effort est la plus fréquente.
L'incontinence urinaire d'effort est la plus fréquente. © lzf

Problème répandu et extrêmement pénalisant, l’incontinence urinaire touche plusieurs millions de personnes, principalement les femmes. Des solutions existent. Christophe Pignier, Directeur Médical et Scientifique chez Pierre Fabre, nous aide à lever le tabou.

Qu’est-ce que l’incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire est la perte du contrôle de sa miction. Il s’agit donc de fuites involontaires et incontrôlables d’urine. Il en existe deux types, avec chacune des mécanismes distincts. L’incontinence urinaire d’effort est la plus fréquente. Elle survient lors d’un effort qui peut être minime, comme tousser, éternuer, sauter ou rire. En revanche, l’incontinence urinaire par impériosité correspond à un besoin urgent et irrépressible d’uriner. C’est une envie impérieuse, impossible à réprimer. Ces fuites fréquentes ne sont alors pas liées à une faiblesse des mécanismes de contrôle de l’urine mais à des contractions involontaires de la vessie qui surviennent même la nuit.

Quelles sont les principales causes ?

L’incontinence urinaire d’effort est liée à un affaissement du plancher pelvien et à une augmentation de la pression de l’abdomen. Relativement fréquente, elle concerne de 12 à 17 % des plus de 40 ans, dont une majorité de femmes. Les accouchements difficiles et les grossesses multiples favorisent son apparition. Il en est de même des interventions chirurgicales de l’abdomen et du bassin, de la prise de poids, de l’âge et de la pratique d’une activité physique trop intense…
À l’inverse, l’incontinence urinaire par impériosité n’a rien à voir avec l’âge (même si elle peut s’aggraver avec les années) ou la taille de la vessie, comme on le dit souvent. Elle est liée au système nerveux de la vessie. L’acétylcholine est le principal neurotransmetteur impliqué dans sa contraction. Ainsi, produite en trop grande quantité chez les personnes concernées par ce problème, elle entraîne des contractions involontaires. On parle, d’ailleurs, d’hyperactivité de la vessie si une personne urine plus de huit fois par jour et plus de deux fois par nuit.

Comment traiter le problème ?

Les traitements varient en fonction des causes :
– Pour l’incontinence urinaire par impériosité, ils sont au nombre de trois : soit comportementaux, soit médicamenteux pour cibler les récepteurs de l’acétylcholine, soit à base d’électrodes ou de neurostimulation.
– L’incontinence urinaire d’effort, quant à elle, s’atténue en limitant les pressions exercées sur l’abdomen, par une perte de poids, par exemple, dans le cas d’une personne en surpoids. Elle passe également par une rééducation périnéale. Enfin, une solution chirurgicale permet de poser des bandelettes pour renforcer le plancher pelvien. Les médicaments étant efficaces, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Est-il possible de faire de la prévention ?

La rééducation de la zone périnéale est la meilleure prévention contre l’incontinence d’effort. Contrairement aux idées reçues, elle n’est pas que réservée aux femmes venant d’accoucher. Les gynécologues, sages-femmes et kinésithérapeutes peuvent aussi transmettre des gestes simples à reproduire au quotidien. De plus, une activité physique régulière aide à stimuler son plancher pelvien et limite le risque d’apparition de l’incontinence urinaire d’effort. C’est pourquoi, veillez à ne pas avoir un mode de vie trop sédentaire pour limiter les facteurs de risques.

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