Faire ses cosmétiques soi-même : une bonne idée ?

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En raison de substances irritantes ou allergisantes, il n’est pas rare d’observer des effets secondaires. © Getty Images

Face à la supposée dangerosité de certaines substances, nombreuses sont les consommatrices tentées d’acheter leurs propres ingrédients pour concocter elles-mêmes leurs produits. Que faut-il en penser ?

Sur Internet, nombreuses sont les blogueuses qui proposent des recettes multiples pour concevoir un sérum, un shampooing, un masque hydratant… Le « do it yourself » est ainsi devenu une véritable mode, à laquelle il est toutefois pertinent de réfléchir à deux fois avant de succomber.

Des méfaits réels pour la  peau…

Concrètement, au-delà d’une potentielle inefficacité, quels sont les méfaits ? « Certains ingrédients ne sont pas anodins. Ils peuvent contenir des molécules sous forme de traces considérées comme des perturbateurs endocriniens où encore des cancérigènes.Ces effets délétères ne se constatent pas tout de suite, mais en raison de l’effet retard, peuvent se manifester dix ou quinze ans plus tard », souligne Pierre- Jacques Ferret, directeur toxicologie chez Pierre Fabre. Il précise toutefois que le risque est moindre pour des savons et gels douche (qui sont des produits rincés) que pour des crèmes qui perdureront sur la peau. « En raison de substances irritantes ou allergisantes, il n’est pas rare d’observer des effets secondaires de type irritatif avec des produits faits maison. De plus, on ne connaît pas l’origine des matières premières achetées pour les fabriquer, là où les laboratoires cosmétiques sont très exigeants sur la qualité », ajoute-t-il. C’est surtout en matière de produits solaires que le sujet est le plus critique, car le SPF (ou indice de protection) doit impérativement être analysé pour garantir une protection optimale.

… et un confort d’utilisation tout relatif

Autre problème lié aux produits « faits maison » : ils ne contiennent pas de conservateurs. « Ces derniers sont pourtant essentiels, car la majorité des produits étant fabriqués à base d’eau, ils permettent d’éviter la prolifération bactérienne. S’ils sont absents, la consommation doit donc être très rapide. Je ne suis pas sûr que les adeptes du fait maison en aient pleinement conscience », précise Pierre-Jacques Ferret. Par ailleurs, non seulement la texture obtenue n’est jamais aussi fluide et pénétrante qu’une crème professionnelle, mais la mixture peut être irritante pour la peau.

Il n’est pas simple en effet de savoir à quelle température chauffer l’eau, mélanger les ingrédients, dans quel ordre, de savoir distinguer les substances liposolubles et hydrosolubles…. la galénique est un art complexe ! Impossible par ailleurs de concevoir des produits aussi stériles que ceux du commerce, conçus dans des salles blanches aseptisées. « Il y a aussi la question des dosages, qui ne peuvent pas être approximatifs, surtout dès lors qu’il est question d’huiles essentielles », observe Pierre-Jacques Ferret. Il rappelle que les entreprises dermo-cosmétiques sont soumises à des chartes de développement strictes, à des tests cliniques et à une évaluation relative à la fois à la sécurité des ingrédients et à l’efficacité des produits.

TAGS: Astuces beauté, Beauté responsable, Peau à problèmes

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