Hyperhidrose : de quoi s’agit-il ?

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Il faut savoir que la transpiration excessive touche environ 1% de la population, surtout les enfants, adolescents et jeunes adultes. © Getty images

L’hyperhidrose caractérise une transpiration excessive, laquelle peut avoir un véritable impact sur la qualité de vie. Cependant, des solutions permettent de redonner un quotidien normal à ceux qui en sont atteints.

L’hyperhidrose a pour symptôme principal une production de sueur plus importante que ne le voudraient les besoins de la régulation de la température corporelle. Il faut savoir que la transpiration excessive touche environ 1% de la population, en particulier les enfants, adolescents et jeunes adultes. Sa forme localisée est la plus fréquente avec en majorité les aisselles, les mains et les pieds. Par ailleurs, ce trouble bilatéral et symétrique -il atteint les deux côtés de la même façon- s’avère véritablement problématique, même durant la nuit. De plus, il peut être provoqué, ou augmenté, par un facteur émotionnel, le stress ou encore la chaleur. Bien souvent, il existe d’autres cas dans une même famille bien qu’il ne s’agisse pas d’une affection héréditaire.

Une transpiration excessive et gênante, voire extrêmement handicapante

L’hyperhidrose peut nuire considérablement à la qualité de vie. Les odeurs de transpiration, les auréoles qui se forment sur les vêtements et les mains humides, lors des contacts, peuvent en effet entraîner une gêne sociale. Les mains moites sont aussi un handicap dans l’exercice de certains métiers manuels (coiffeur, musicien, restaurateur). Mais cette sudation excessive est aussi à l’origine de problèmes sanitaires. Ainsi, l’hyperhidrose plantaire peut entraîner des mycoses et d’infections dues à la macération. Elle favorise aussi l’apparition d’eczéma et de dermatite de contact sur les zones du corps touchées.

 

Ionophorèse, injections de toxine botulique… peuvent l’amoindrir

Plusieurs solutions permettent de réduire l’hyperhidrose :

  • les anti-transpirants locaux. Ceux-ci sont formulés à base de chlorure d’aluminiums hexahydratés en solution alcoolique. « Cela entraîne une absorption de l’eau par réaction chimique, la formation de bouchons au niveau de l’épiderme, lesquels bloquent l’excrétion de la sueur au niveau de l’épiderme, et peut-être également une modification de la membrane de certaines cellules des glandes sudoripares. Ce qui pourrait expliquer l’efficacité prolongée », expose Didier Coustou, dermatologue à Toulouse. « Ces produits s’appliquent tous les jours, ou tous les deux jours, puis il est possible d’espacer les applications, à une fois par semaine, ou une fois toutes les deux ou trois semaines. » Si ce traitement ne suffit pas d’autres solutions peuvent être envisagées.

 

  • l’ionophorèse consiste à exposer les mains et les pieds à un courant électrique continu transmis par immersion dans l’eau. Ce courant électrique agit sur les glandes sudoripares ce qui permet de diminuer la sécrétion de sueur. « Il est nécessaire de faire des séances tous les jours jusqu’à l’obtention d’une réponse, puis celles-ci peuvent être espacées », explique Didier Coustou. « Il existe des appareils que les patients peuvent avoir à domicile », précise-t-il.

 

  • les médicaments qui agissent sur le système nerveux par voie générale sont surtout utilisés dans les cas de transpiration excessive généralisée.

 

  • les injections de toxine botulique bloquent le signal nerveux conduisant à la formation de sueur. Elles sont efficaces pour les hyperhidroses des aisselles.

 

  • un traitement chirurgical est envisagé dans les cas d’hyperhidrose sévère : excision des glandes sudoripares des aisselles ou section d’une partie du nerf sympathique.

 

Mieux vaut éviter les fibres synthétiques, l’alcool ou le café

Certaines bonnes pratiques permettent par ailleurs de limiter les désagréments liés à la transpiration :

  • se laver avec un savon doux alcalin ou surgras.
  • sécher minutieusement les aisselles, mains et pieds après la toilette.
  • appliquer un spray anti-transpirant ou du talc pour limiter la transpiration et les odeurs provoquées par la dégradation de la sueur.
  • privilégier les chaussettes et vêtements amples en coton ou en lin, ainsi que des chaussures en cuir aux semelles absorbantes. Éviter par ailleurs toutes les fibres synthétiques qui favorisent la transpiration.
  • réduire la consommation d’alcool, de café, de tabac ainsi que les mets épicés qui stimulent l’action des glandes sudoripares.

Anne-Sophie Glover-Bondeau

TAGS: Alimentation, Maladies

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