Mélanome : et si la peau d’une banane pouvait faciliter son diagnostic ?

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En balayant la surface de la peau, le mini-scanner mesure la réactivité de l'enzyme.
En balayant la surface de la peau, le mini-scanner mesure la réactivité de l'enzyme. © Shutterstock

Avez-vous déjà observé la réaction d’une peau de banane au soleil ? Si ce n’est pas le cas, faites-en l’expérience et imaginez votre peau à la place de celle du fruit. Déclic garanti.

 

On connaît les bienfaits de la nature, des plantes que l’on utilise au quotidien pour s’alimenter, se soigner ou encore se mettre en beauté. Mais imaginer que notre peau ressemble à celle d’un fruit et, qu’en analysant ce dernier, on pourrait diagnostiquer des maladies : à cela Dame nature ne nous avait pas préparés.

Une forme de tache foncée apparait sur la peau

Une récente étude de l’École polytechnique fédérale de Lausanne a mis en évidence la ressemblance entre la réaction d’une peau de banane et celle de la peau humaine à l’exposition solaire. L’équipe de chercheurs suisse explique « qu’en vieillissant, les bananes se couvrent de taches noires causées par la présence d’une enzyme, la tyrosinase. Il s’agit d’un processus naturel de brunissement de certains organismes, comme la nourriture. Cette même enzyme joue également un rôle dans le cancer de la peau de type mélanome ». Cette découverte permettrait ainsi de diagnostiquer le stade de développement d’un mélanome. Ce dernier apparaît en effet sur la peau (sous la forme d’une tache foncée) lorsque survient un dysfonctionnement au niveau de la régulation de cette enzyme.

L’enzyme en faible quantité au stade précoce de la maladie

Et de la tache brune du fruit mûr à celle due à l’excès de bronzage, il n’y a qu’un pas… déjà franchi. La chimiste Tzu-En Lin a ainsi développé une technique d’imagerie non invasive permettant de mesurer la présence de tyrosinase et sa distribution dans la peau. En balayant la surface de la peau, le mini-scanner doté de huit microélectrodes souples mesure la réactivité de l’enzyme. À un stade précoce de la maladie (stade I), l’enzyme apparaît en faible quantité. À un stade II, sa présence est importante et homogène. En revanche, elle est moins dominante mais distribuée de façon hétérogène dans l’organisme au stade III, qui atteint la circulation sanguine et précède le stade le plus avancé, celui du mélanome métastatique (la tumeur se propage alors aux organes).

« Cette technique représente un espoir de dépistage précoce »

« Travailler sur les fruits nous a permis de mettre au point un outil de diagnostic que nous avons pu tester avant de le faire sur des biopsies humaines », indique Hubert Girault, responsable de l’équipe ayant mené l’étude*. On savait déjà que, plus un mélanome est diagnostiqué tôt, plus les chances de guérison sont élevées. En effet, le taux de survie à cinq ans atteint 86 % pour les hommes et jusqu’à 92 % pour les femmes. Cette technique représente non seulement un espoir de dépistage précoce permettant aux dermatologues de confirmer un prédiagnostic, mais aussi une alternative à des tests invasifs tels que la biopsie. Concluons tout de même que le meilleur remède reste la prévention et qu’une exposition à haute dose aux rayons solaires (UVA et UVB) n’est jamais anodine pour la peau.

* Résultats publiés début février 2016 dans la revue allemande Angewandte Chemie.

TAGS: Maladies

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