Mieux prévenir le cancer de la peau

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Dans 25 % des cas, ils sont diagnostiqués à un stade avancé. © Getty Images

S’il fait du bien au moral, le soleil n’est, de loin, pas notre meilleur ami. Nous connaissons ses dangers, mais faisons-nous vraiment le nécessaire pour nous protéger ?

Si les pouvoirs publics ont déployé d’importants efforts dans le cadre de campagnes de sensibilisation, les conduites à risque se perpétuent. Quelles peuvent être les conséquences d’une exposition au soleil non maîtrisée ? Au-delà d’un vieillissement accéléré de la peau, rien de moins qu’un cancer de type mélanome ou carcinome.  « Le premier part des cellules pigmentaires de la peau, dites mélanocytes, là où le second se développe à partir d’un autre type de cellule, le kératinocyte, la cellule principale de la surface de la peau ou des muqueuses », explique Victor Georgescu, dermatologue, directeur médical des Laboratoires Avène. Les carcinomes basocellulaires sont les cancers les plus fréquents , tous cancers confondus (c’est-à-dire, pas uniquement parmi les cancers de la peau). Mais aussi les plus faciles à prendre en charge, sous réserve qu’ils soient détectés suffisamment tôt. Les mélanomes cutanés sont plus rares (puisqu’ils ne représentent que 4 % des cancers de la peau), mais plus graves du fait de leur capacité à produire des métastases. Dans 25 % des cas, ils sont diagnostiqués à un stade avancé. Selon les chiffres de la Ligue contre le cancer, on compte chaque année 60 000 nouveaux cas de cancers de la peau en France.

Savoir se protéger

D’où l’importance d’adopter les bons comportements. Et cela passe d’abord par la protection. « Il faut se méfier du soleil, et s’aider pour cela des bulletins météo qui indiquent le degré d’ensoleillement par l’index UV, précise Victor Georgescu. Porter des vêtements protecteurs, éviter de s’exposer aux heures les plus ensoleillées, utiliser des produits de protection solaire et se mettre à l’ombre font partie des recommandations de base. » Quel indice de protection faut-il choisir ? Selon l’expert : 50+ pour les peaux claires et à problèmes, et 30 pour les autres. Si, la plupart du temps, il est préconisé d’en utiliser toutes les deux heures, il précise que c’est surtout valable pour les personnes qui travaillent à l’extérieur ou transpirent beaucoup. Il insiste en revanche sur l’indispensable vigilance avec les enfants, car « une exposition solaire avant l’âge de 3 ans démultiplie les risques de mélanome vingt ou trente ans plus tard ». En effet, en matière de soleil, comme pour beaucoup d’autres choses, nous bénéficions d’un « capital » à préserver. « D’où l’intérêt de ne pas avoir recours aux cabines de bronzage. Même aux Etats-Unis, où cette pratique est très répandue, la plupart des états ont aujourd’hui mis en place des restrictions en termes d’usage », explique le spécialiste.

Savoir se surveiller

La prévention passe aussi par le fait d’être attentif face à tout changement d’aspect d’un grain de beauté. Pour cela, la méthode mnémotechnique dite ABCDE est très utile. Voici les symptômes qui doivent alerter : l’Asymétrie d’un grain de beauté, des Bords atypiques, des changements de Couleur ou de Diamètre, mais aussi l’Évolution dans le temps. « Ces règles sont faciles à suivre pour des personnes n’ayant pas de formation médicale avancée, mais ne dispensent pas de consulter régulièrement un dermatologue, surtout pour les peaux avec des nombreux grains de beauté», analyse Victor Georgescu. Mieux vaut s’alarmer, même s’il s’agit d’une fausse alerte, que d’agir trop tard. Aussi, grâce à l’immunothérapie et aux thérapies ciblées, les cancers de la peau se soignent bien mieux aujourd’hui. Toutefois, ces progrès porteurs d’espoirs ne doivent pas nous dispenser d’adopter les bons réflexes.

 

TAGS: Cancer, Protection solaire

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