Pourquoi trouve-t-on des huiles minérales dans certains cosmétiques ?

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Elles empêchent la peau de se déshydrater. © Getty Images

On peut voir dans certaines formules la présence d’huiles minérales. Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi les utilise-t-on ?

Les amateurs de naturalité et de bio les décrient, car ce sont des dérivés du pétrole. Et l’idée de mettre un dérivé du pétrole sur sa peau gêne, d’un point de vue psychologique comme environnemental. Les sources pétrolifères ne sont pas renouvelables. De plus, on leur a reproché d’être sans intérêt d’un point de vue cosmétique et même comédogènes. Enfin, les huiles minérales utilisées dans les encres et les emballages alimentaires ont été mises en cause, car elles contiennent des hydrocarbures saturés d’huile minérale (MOSH) et des hydrocarbures aromatiques d’huile minérale (MOAH). Or, ces MOAH sont suspectés d’être génotoxiques et mutagènes.

En cosmétique, elles sont reconnues sûres

Comme l’explique Catherine Bidan, responsable du pôle formulation de Pierre Fabre Dermocosmétique, « les huiles minérales utilisées en cosmétique sont conformes au règlement cosmétique européen, et de grade pharmaceutique, c’est-à-dire extrêmement raffinées et purifiées de ces impuretés suspectes ». Une étude réalisée par le BFR (Institut fédéral allemand d’évaluation des risques), publiée en 2018, a d’ailleurs confirmé que « selon les connaissances scientifiques actuelles, aucun risque pour la santé ne semble probable pour les consommateurs qui appliquent sur leur peau des produits cosmétiques contenant ces huiles minérales ». En ce qui concerne l’exposition orale, notamment via les baumes et rouges à lèvres, l’étude a conclu que les huiles minérales de viscosité moyenne et forte et les cires microcristallines peuvent être utilisées sans risque.

 Où en trouve-t-on ?

Dans les produits de maquillage, notamment les rouges à lèvres. En soin, on les trouve majoritairement dans les crèmes pour peaux sèches, déshydratées et atopiques – type baumes pour le corps, les mains ou les pieds. Chez Pierre Fabre, « même si elles sont totalement sûres, nous les avons retirées des sticks et baumes pour les lèvres afin d’éviter toute controverse », ajoute Catherine Bidan. On les retrouve dans la liste International nomenclature of cosmetic ingredient (INCI) sous les noms de paraffinum liquidium, vaseline, petrolatum, cera microcristallina, mineral oil, isohexadecane.

Quel est leur intérêt ?

“Ce sont des corps gras inertes qui apportent de la nutrition à la peau et qui limitent sa perte insensible en eau donc qui favorisent l’hydratation , explique Catherine Bidan. De plus elles sont sans odeur et résistent à l’oxydation”. Dans le maquillage, on les aime pour leur texture et leur brillance. “On peut les remplacer par des huiles et des beurres végétaux, qui vont nourrir la peau et contribuer à son hydratation. Il faut alors choisir des huiles végétales non sensibles à l’oxydation, car, conclut Catherine Bidan, même si les huiles minérales ne sont plus au goût des consommateurs, elles ont l’avantage d’être stables, de ne pas s’oxyder, et d’avoir exactement les mêmes propriétés d’une fabrication à l’autre”.

TAGS: Beauté responsable, Dermo-Cosmétique

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