Les principes actifs en dermo-cosmétique sont-ils efficaces ?

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Au sein des Laboratoires Pierre Fabre, les actifs utilisés dans les produits cosmétiques suivent une démarche d’évaluation exigeante de tolérance et d’efficacité, depuis le vitro (cellules ou tissus) jusqu’à l’homme. C’est la seule façon d’avoir la garantie que tout ce qui est marqué sur le produit est … vrai ! Focus sur une démarche d’efficacité prouvée.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il est important de tester les actifs des produits dermo-cosmétiques ?

Sandrine Bessou-Touya : Par définition, un produit dermo-cosmétique s’adresse à des peaux ou des cuirs chevelus sensibles, sans pour autant relever d’un traitement médicamenteux. Outre des produits de bien-être, nous développons des produits de réparation cutanée, d’hydratation, de photoprotection, photovieillisement, pour l’acné ou encore la dermatite atopique. Il est donc primordial de garantir la qualité de notre évaluation, d’une part grâce aux cibles biologiques choisies, caractéristiques du phénomène étudié, et d’autre part, grâce à la reproduction de l’environnement : stress du quotidien (UV, dessèchement…), stress inflammatoire, infection, et autres facteurs.

Nous poursuivons nos travaux dans ces deux voies grâce à des recherches en interne et en partenariat avec des laboratoires internationaux. Plusieurs de nos méthodes sont brevetées.

Comment procédez-vous ?

S.B.-T. : Chaque actif est évalué d’abord seul puis formulé dans un produit, jusqu’à sa démonstration d’efficacité chez l’homme.

Nous étudions d’abord l’intérêt de l’actif in vitro, sur les différentes cibles biologiques, sur des cellules de peau ou de cuir chevelu, puis dans un environnement physiopathologique. Dans un deuxième temps, les meilleurs actifs sont évalués sur des échantillons de peau ou de cheveux isolés pour étudier leur action et leur devenir, dans ces mêmes conditions. Enfin, les actifs qui ont fait leur preuve à ce stade font l’objet d’études chez l’homme pour démontrer leur efficacité.

Depuis 2008, nous développons nos propres modèles de peaux reconstruites pour réaliser nos évaluations d’efficacité. Cette ingénierie tissulaire cutanée a demandé une dizaine d’années de recherche et peu d’industriels la maîtrisent. Ce savoir-faire nous permet aujourd’hui de contrôler avec précision l’état de la peau sur laquelle nous menons les tests : une peau vieillie, plus ou moins exposée au soleil, déshydratée, acnéique, inflammée, etc. La peau reconstruite, plus facile à maintenir en culture sur du long terme, permet aussi de tester un actif ou une formule pendant plusieurs semaines pour mimer une application quotidienne.

Combien de temps faut-il pour tester un actif ?

S.B.-T. : Il faut entre 6 et 18 mois pour réaliser les différents tests in vitro jusqu’à la démonstration d’efficacité chez l’homme. Ensuite, l’actif est introduit dans la formulation d’un produit et des tests sur des modèles de peau et sur l’homme sont à nouveau menés. Au total, nous testons plus de 1 000 actifs par an, pour en retenir finalement une vingtaine. Beaucoup de nos actifs sont le fruit de 5 à 10 ans de recherche.

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