Les secrets de culture des plantes médicinales

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Ces plantes sont sauvages et très peu sélectionnées, elles ne rentrent pas dans les circuits classiques de production.
Ces plantes sont sauvages et très peu sélectionnées, elles ne rentrent pas dans les circuits classiques de production. © Laboratoires Pierre Fabre

Les vertus des plantes médicinales et aromatiques pour la santé et le bien-être offrent un champ d’innovation inépuisable. Les Laboratoires Pierre Fabre ont acquis une expertise dans leur culture, leur préservation et l’extraction de leurs principes actifs. Alexandre Panel, du pôle actifs végétaux des Laboratoires nous le confirme.

Quelles sont les spécificités des plantes médicinales et aromatiques ?

Ces plantes sont sauvages et très peu sélectionnées, elles ne rentrent pas dans les circuits classiques de production. Leurs usages sont divers. Certaines sont utilisées pour leurs propriétés pharmaceutiques, comme le pavot, dont est extraite la morphine, ou comme le mélilot, une légumineuse riche en molécules de coumarine avec une action veinotonique.
On intègre également, dans la même famille, les plantes aromatiques telles que le thym, l’origan, les plantes à parfum, type lavande, et enfin les plantes à usage cosmétique comme le bleuet, le calendula ou la capucine.

Comment sont-elles cultivées ?

Réintroduire ces plantes présente deux difficultés. Tout d’abord, il faut trouver des semences. Ensuite, il faut définir l’environnement idéal pour leur croissance, sachant que nos connaissances sont parfois limitées. Ainsi, nous avons réalisé trois années de recherches préalables avant de mettre en culture les plants d’Immortelle (hélichryse italienne) en 2014. À l’état sauvage, cette plante pousse sur des terrains escarpés en Corse. À Lavaur, dans le Tarn, nous avons donc créé une culture sur butte pour éviter que les racines soient inondées. Aujourd’hui, après avoir traversé deux hivers, nous pouvons affirmer que la culture se déroule bien. La prochaine récolte s’annonce très bonne, avec des rendements doublés. Nous utilisons cette plante en aromathérapie, sous forme d’huile essentielle, pour ses propriétés dans le traitement des coups et la réduction des hématomes.

Comment satisfaire la demande sans mettre les espèces en danger ?

C’est justement parce que la collecte sauvage commençait à menacer la ressource que nous avons décidé de mettre en culture l’Immortelle. On préserve ainsi la plante sans rupture d’approvisionnement. Nous avons également créé deux conservatoires botaniques : un en France avec 1 500 espèces et un à Madagascar qui abrite 350 espèces. Ces réservoirs de biodiversité recèlent certainement les médicaments de demain.

Les propriétés des plantes sont connues depuis longtemps, est-il encore possible d’innover ?

Les usages traditionnels peuvent orienter les travaux de recherche, mais nous mettons surtout en place des programmes ciblés pour prouver l’activité de la plante. Parallèlement, des recherches sont menées sur des familles botaniques ou à l’aide de nouvelles technologies. Les plantes restent un levier d’innovation très fort : tous les ans, nous identifions trois nouveaux extraits végétaux pour une utilisation cosmétique ou pharmaceutique.

TAGS: Plantes

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