Tabac : le vrai du faux sur les substituts nicotiniques

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Le tiers-payant ne fonctionne pas pour l’achat de traitements nicotiniques de substitution. © Getty Images

C’est une petite victoire pour le Comité national contre le tabagisme : en mars 2018, un recul de 20% des ventes de cigarettes a été enregistré. Une chute due à l’augmentation du prix du paquet, entre autres mesures dissuasives. Mais aussi, peut-être, au forfait de prise en charge de 150 euros des traitements nicotiniques de substitutions tels que les pastilles, gommes ou patchs, qui permettent un sevrage en douceur. Depuis novembre 2016, ce forfait est passé de 50 à 150 euros et a ainsi permis à certains de sauter le pas. L’occasion de démêler le vrai du faux sur le sujet avec le Dr Etienne André, addictologue.

L’assurance maladie rembourse 150 euros de traitement

VRAI – Ce forfait, individuel et annuel, a été mis en place en novembre 2016. Il n’est pas obligatoire d’acheter 150 euros de produits d’un coup, les achats peuvent être échelonnés sur plusieurs mois. Il reste valable jusqu’au 31 décembre 2018.

Il faut une ordonnance pour se faire rembourser

VRAI – Les substituts nicotiniques sont uniquement prescrits par un médecin, une sage-femme, un chirurgien-dentiste, un infirmier ou un masseur kinésithérapeute. L’ordonnance ne doit être consacrée qu’à ces produits, lesquels figurent sur la liste des substituts officiels pris en charge par l’Assurance Maladie. “La raison est simple”, explique le médecin, “ce n’est pas le même secteur de l’Assurance Maladie et chaque ordonnance part dans un circuit différent”.

Il n’est pas nécessaire d’avancer les frais

FAUX – Le tiers-payant ne fonctionne pas pour l’achat de traitements nicotiniques de substitution, il est nécessaire de payer au préalable avant de se faire rembourser dans le cas du forfait de 150 euros. Une contrainte pour certains, mais un avantage réel pour Etienne André : “ Le tabagisme est un comportement, et le principe de faire l’avance participe au changement de comportement. Il y a une notion d’implication très importante dans cette décision”.

Je peux bénéficier d’autres aides pour arrêter de fumer

VRAI – L’Assurance Maladie a créé une application, “Tabac Info Service“, pour venir en aide aux fumeurs. Des tabacologues peuvent également répondre à vos questions au 3989.  “Et les sites privés et applications ne sont pas à négliger, note le médecin, certains décrivent la progression faites en matière de santé, notamment cardio-vasculaire, ou encore les économies réalisées depuis l’arrêt du tabac. Ils peuvent être une source de motivation pour les personnes désirant se libérer de leur addiction“, précise l’expert.

Il existe des remèdes naturels pour arrêter de fumer

VRAI – Les plantes et huiles essentielles peuvent donner un coup de pouce aux fumeurs désirant arrêter. Attention cependant, ils ne contiennent pas de nicotine : ils sont en mesure de combattre certains symptômes liés au manque : stress, anxiété, troubles du sommeil…

Il est possible de doser selon ses besoins

VRAI – Il est d’ailleurs recommandé d’adapter sa consommation de substitut nicotinique selon son degré d’addiction. En cas de sous-dosage, les signes du manque se font sentir -stress, irritabilité, crampes d’estomac, troubles de la concentration. Lorsqu’il s’agit d’un surdosage, les effets sont les mêmes qu’après un excès de tabac : vertiges, nausées, maux de tête. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.

Les substituts nicotiniques suffisent à arrêter la cigarette

VRAI et FAUX – “Grâce aux traitements et avec le bon dosage, on se débarrasse très bien de la dépendance physique, estime Étienne André, la dépendance comportementale et psychologique, elle, n’a pas de médicament”. Pour se libérer de ces automatismes, liés au plaisir ou à la valorisation sociale, l’expert a un exemple très simple : “Si un fumeur a besoin de fumer une cigarette après le déjeuner et se lave les dents après le repas, il perd l’envie de fumer pendant une vingtaine de minutes. Au bout de quelques jours, ce ne sont plus que ces trois à cinq cigarettes rituelles qui manquent au fumeur”. C’est sur ces habitudes-là que les efforts du fumeur doivent se concentrer.

TAGS: Addictions, Nicotine, Plantes, Substituts nicotiniques, Tabac

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