Vrai/Faux sur la chimiothérapie par voie orale

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Il est très fréquent d’entendre dire que la chimio orale n’est pas une « vraie » chimio, ou encore qu’elle ne traite que très peu de cancers. Les idées reçues sur ce mode de traitement fusent. Il est important de faire le point, afin de démêler le vrai du faux.

Actuellement, la chimiothérapie orale représente environ 25 % des traitements et représentera 50% des traitements anticancéreux en 2020. En d’autres termes, la chimiothérapie orale est là pour durer et se développer. Et c’est tant mieux.

Elle est moins efficace que la chimiothérapie intraveineuse?

Faux. C’est l’idée reçue n° 1 : la chimiothérapie orale (comprimé, gélule) étant moins « impressionnante » que son pendant intraveineux (cathéter, perfusion), elle pâtit d’un certain discrédit auprès des patients cancéreux et de leur entourage. Excepté sa galénique, c’est-à-dire sa forme et son mode d’administration, rien ne change… si ce n’est les bénéfices au quotidien pour les patients. Finis les allers et retours en milieu hospitalier et les délais d’attente plusieurs fois par semaine voire tous les jours pour les malades. Ces derniers peuvent prendre leur traitement à heure fixe, chez eux. La chimiothérapie orale évite les injections répétées et les risques d’infection dus au cathéter.

Cette forme d’administration existe pour plusieurs types de cancers du sein, de l’ovaire, du côlon, du rectum, du poumon, du cerveau, du testicule, de la peau et certaines formes de myélome, de lymphome et de leucémie. Si votre médecin estime que la chimiothérapie orale est adaptée, faites-lui confiance. La chimiothérapie, orale ou intraveineuse est soumise aux mêmes études et essais cliniques avant d’être prescrite.

Elle s’adresse à tous ?

Vrai et faux. Sur le principe, la chimiothérapie orale s’adresse à tous les patients atteints de cancer. En pratique, il en va autrement. Non seulement la chimiothérapie orale ne cible pas toutes les formes de cancers mais surtout, elle n’est pas compatible avec tous les modes de vie. Si elle offre une certaine autonomie, contrairement à la chimiothérapie intraveineuse, tous les malades ne sont pas, pour autant, capables de gérer un tel traitement. En effet, il est indispensable de stocker les médicaments dans de bonnes conditions, les manipuler avec précaution, prévoir les doses en cas de déplacement, réagir de façon adaptée à un oubli…

L’efficacité du traitement dépend essentiellement de la capacité du patient à bien le suivre. On appelle cela l’observance : le patient doit être un acteur averti de sa chimiothérapie. Afin d’y parvenir, il lui est indispensable d’avoir une bonne éducation thérapeutique par les médecins et d’être en communication constante avec l’équipe médicale.

Elle ne comporte pas d’effets indésirables?

Faux. Comme la chimiothérapie intraveineuse, la chimiothérapie orale comporte également des effets indésirables : nausées et vomissements, ulcères buccaux, constipation ou diarrhée… Mais là encore, l’équipe soignante accompagne les patients et reste à leur écoute pour répondre efficacement à leurs interrogations et inquiétudes.

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