Vivre au mieux avec l’endométriose

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L’endométriose se traduit par des douleurs dans le bas-ventre pendant les règles. © Getty Images

Selon les chiffres de l’Inserm, une femme sur dix est concernée par l’endométriose*. Non seulement cette maladie est extrêmement douloureuse, mais elle peut rendre compliqué le désir de devenir maman. Comment la prendre en charge le mieux possible ?

« L’endométriose se caractérise par la présence de tissu endométrial en dehors de l’endomètre », résume le Professeur Émile Daraï, spécialiste de cette maladie. Les cellules qui composent l’endomètre (autrement dit le revêtement interne de l’utérus) migrent en dehors de la cavité utérine en passant par les trompes de Fallope et colonisent d’autres organes de l’abdomen. Lors des règles, les cellules qui ont migré en dehors de l’utérus restent sensibles aux hormones et saignent. Dans le cas de l’endométriose, ces cellules, qui sont normalement éliminées par l’organisme, peuvent, probablement du fait de problèmes immunitaires, persister et être responsables de la formation de lésions, de nodules ou de kystes, ainsi que de réactions inflammatoires.

Des symptômes invalidants

« L’endométriose se traduit par des douleurs dans le bas-ventre pendant les règles ou pendant les rapports, mais aussi parfois par des symptômes urinaires et digestifs », explique le Professeur Daraï, qui pratique en tant que chirurgien gynécologique à l’hôpital Tenon à Paris. Absentéisme ou efficacité réduite au travail en sont souvent les conséquences. « En raison des difficultés d’ordre professionnel ou dans le couple, un suivi psychologique peut s’avérer très pertinent », poursuit-il. S’il n’existe pas de traitements pour guérir définitivement cette maladie, on peut toutefois améliorer la qualité de vie des patientes. « Les oestroprogestatifs ou progestatifs en continu sont à visée suspensive pour soulager les douleurs. S’ils s’avèrent inefficaces, on peut poser un stérilet hormonal, et en dernier recours, envisager une chirurgie pour retirer les lésions. En parallèle, du côté des soins de support, l’ostéopathie et l’acupuncture peuvent contribuer à soulager les symptômes », précise-t-il.

Préserver sa fertilité

L’expert plaide en faveur de centres experts dans le traitement de l’endométriose et de la douleur, et incite les jeunes filles à consulter en cas de symptômes importants. En effet, l’endométriose est souvent identifiée très tardivement (avec en moyenne huit ans d’errance diagnostique). Peu prise au sérieux par l’entourage, elle est pourtant synonyme de calvaire. « Cette maladie peut dans certains cas entraîner une stérilité. D’où l’importance de préserver la fertilité, notamment grâce à la cryoconservation ovocytaire », indique le Professeur Daraï. Cette technique consiste à congeler des ovocytes matures, après une procédure de stimulation ovarienne à l’aide d’injections. Elle peut s’adresser à des patientes célibataires, désireuses de préserver leur fertilité en attendant d’être prête à avoir un enfant.

À noter qu’une femme peut parfaitement être porteuse de cette maladie, mais n’avoir aucun symptôme. Si elle ne présente pas de signe d’infertilité, les explorations complémentaires ne sont pas nécessaires. Dans certains cas, en revanche, ce sont précisément des problématiques d’infertilité qui permettent de mettre en lumière la maladie. Une maladie dont on commence enfin à parler davantage…

 

*Chiffres 2018.

 

TAGS: Digestion, Grossesse sereine

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